27
nov
2017

« Pour des villes à échelle humaine » – 3ème édition du colloque international du CEPESS sur les villes du futur

A l’occasion de la 3ème édition du colloque international sur les villes à échelle humaine organisé par le CEPESS, son directeur Antoine DE BORMAN et le conseiller Jeremy DAGNIES ont présenté leurs recommandations pour des villes à échelle humaine.

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Ce 22 novembre, plus de 300 participants se sont retrouvés à Bruxelles pour échanger avec une vingtaine d’experts belges et internationaux, parmi lesquels l’architecte danois Jan GEHL, l’urbaniste italienne Paola VIGANO ainsi que l’ancien directeur à l’OMS Agis TSOUROS, lequel officie actuellement comme conseiller international pour la santé dans les villes.

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Nos villes occidentales contiennent de nombreuses ruptures physiques, qui induisent des ruptures sociales, environnementales, sanitaires ou encore économiques. Pour y répondre, le CEPESS propose d’adopter une vision de la ville reliante, la « linking city », qui traduit de manière concrète le besoin de recréer des liens dans la ville.

Il y a quatre ans, sous l’impulsion de Benoît LUTGEN, Président du cdH, un projet créatif et audacieux était lancé : celui des « villes nouvelles », une idée qui avait surpris bon nombre d’interlocuteurs, mais qui suscite un intérêt croissant auprès des citoyens. Une étude du CEPESS en avait démontré la pertinence, pour répondre au défi démographique et réfléchir à la qualité de vie dans les futurs habitats.

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Aujourd’hui, sur base des dernières éditions de ce colloque international ainsi que des nombreuses contributions collectées, le CEPESS formule cinq recommandations pour la mise en place de villes reliantes. Celles-ci inspireront les réflexions qui seront menées lors du Congrès du cdH le 3 décembre prochain en vue de définir les lignes de force de l’action humaniste dans les communes pour les élections 2018 :

1.

Prendre conscience des ruptures dans la ville et recréer progressivement du lien passe par l’adoption d’une approche adaptée aux piétons, en particulier pour les personnes dont la mobilité est plus difficile (handicapées, âgées, poussettes d’enfants, etc.). La place octroyée aux piétons et aux cyclistes est un élément fondamental pour la qualité de vie, l’animation et la vitalité d’un centre urbain. Les exemples étrangers (Copenhague, Groningen, Gand, etc.) montrent que des améliorations sont possibles (larges trottoirs, absence d’obstacles, remplacement d’escaliers par des rampes, réduction de la pression routière, animations urbaines, etc.) dans des délais relativement courts (5 à 10 ans), pour autant que la vision soit stable et partagée.

2.

Développer une ville à échelle humaine nécessite de développer un habitat ouvert sur l’extérieur, de taille raisonnable, qui fait la part belle aux espaces semi-privatifs (cours, espaces arborés, intérieurs d’îlots accessibles, etc.) et multiplie ainsi les occasions d’échanges entre les usagers. Le développement de « villages urbains », qui créent un sentiment d’appartenance et d’identité au sein de l’espace urbain, doit également être privilégié. Des outils comme les zones 30, les aménagements de voiries qui restreignent la place de la voiture sur l’espace public ou les piétonniers peuvent être utilisés dans ce but.

3.

Les espaces et dimensions naturels (espaces arborés, herbes, eau, lumière, etc.) sont essentiels pour la qualité de vie de chacun. Les projets de villes fertiles démontrent qu’il est possible d’introduire de manière innovante la dimension naturelle dans la ville. Les multiples initiatives d’agriculture urbaine doivent être valorisées dans ce but, afin également de rendre l’agglomération urbaine plus autonome pour ses besoins vitaux.

4.

L’activité des commerces est un facteur essentiel de vitalité des agglomérations. Les commerces et noyaux commerciaux sont cependant trop souvent mis en difficulté par la concurrence des grands centres commerciaux en dehors des agglomérations. Ces grands centres commerciaux induisent pourtant des comportements de mobilité et de consommation qui ne semblent plus compatible avec les défis climatiques, de mobilité et de qualité de vie. Le CEPESS considère dès lors qu’il est temps d’adopter un moratoire sur les nouveaux centres commerciaux en dehors des agglomérations.

5.

La qualité des projets urbains, en particulier pour les grands projets d’aménagement ou immobiliers, dépend aussi de l’adhésion et de la participation des citoyens au processus. Trop souvent, ce processus de participation intervient toutefois très tard, lorsque l’ensemble des paramètres ont déjà été décidés par l’autorité publique. Au vu de plusieurs exemples étrangers (Fribourg-en-Brisgau, Roubaix, Renne, etc.), le CEPESS considère qu’il est nécessaire que ce processus intervienne beaucoup plus tôt, avant que la programmation ne soit décidée, afin de donner ses chances à un processus de co-construction des projets.

Les conclusions du CEPESS sont claires : toute solution aux problèmes globaux de notre siècle passera par le projet urbain. Pour créer une dynamique positive au service de la qualité de vie de ses habitants, il est nécessaire que la vision soit adaptée à l’échelle de chaque usager de la ville. Les villes à échelle humaine ne tiennent qu’à nous !

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A lire, en attendant la publication des actes de cette 3ème édition :

Le discours introductif d’Antoine DE BORMAN, directeur du CEPESS

Cliquez ici pour consulter le discours en PDF

La carte blanche d’Antoine DE BORMAN et Jeremy DAGNIES publiée dans le quotidien LA LIBRE BELGIQUE du 21 novembre 2017 (cliquez sur l’image)

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L’article paru dans le journal LE SOIR du 25 novembre 2017 (cliquez sur l’image)

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Les actes de la seconde édition du colloque (30 novembre 2016 à Louvain-la-Neuve)

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Les actes de la première édition du colloque (22 octobre 2015 à Louvain-la-Neuve)

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