18
nov
2014

Le développement humain: comment passer d’une croissance matérielle vers une croissance humaine?

Opinion suite à la diffusion du film-documentaire « Sacrée croissance » de Marie-Monique Robin (2014)
Par Jeremy Dagnies

 

SACRÉE CROISSANCE ! (Bande annonce) from M2R Films on Vimeo.

Le développement humain privilégie une croissance humaine, c’est-à-dire une croissance au service de l’humain, qui améliore la qualité de vie et le vivre-ensemble des personnes d’aujourd’hui et de demain. La croissance humaine se fonde sur l’économie de proximité, la qualité des produits et services, les circuits-courts, une agriculture de proximité qui respecte la nature et veille à la santé des consommateurs, la haute valeur-ajoutée (technologies et compétences de pointe, innovation…) dans l’industrie, le développement de plus produits et services qui répondent à de vrais besoins ou défis, comme la santé (progrès médicaux), la qualité de vie (petite enfance, allongement de la vie…) et l’environnement (performance énergétique des bâtiments, production énergétique, nouveaux modes de transport…).

La croissance économique « quantitative » ou « matérialiste », telle que nous l’avons connue durant ces deux derniers siècles, nous conduit aujourd’hui vers une impasse. Cette croissance « quantitative » a trois visages, qui interagissent entre eux : celui du financiarisme, du productivisme et du consumérisme. Le financiarisme considère que l’activité économique doit d’abord être au service de la finance internationale et de la spéculation. Une économie qui satisfait les attentes des investisseurs financiers serait une économie efficace. Or, les faits montrent ce système renforce les inégalités sociales et déstabilise l’économie réelle. Il dégrade également notre qualité de vie, à travers le productivisme.

Le productivisme signifie produire toujours plus, toujours plus vite, à moindre coût, mais aussi exacerber la compétition internationale en jouant sur les coûts de production, le dumping fiscal, social ou environnemental. Cette conception de l’économie détériore nos conditions de travail et de vie (modération salariale, stress au travail, insécurité de l’emploi, délocalisation…). Elle affecte également la nature, à travers les émissions de gaz à effets de serre et la surexploitation des ressources naturelles. Elle peut également produire des effets néfastes sur notre santé (chaine alimentaire, malbouffe, produits chimiques et technologies dont les effets sont encore inconnus…).

Enfin, le consumérisme affirme que plus une personne peut acheter des biens matériels, en d’autres termes, plus son pouvoir d’achat est élevé, plus cette personne sera heureuse. Pour l’encourager dans cette voie, le consumérisme a mis en place des outils comme le crédit à la consommation, la publicité effrénée ou encore le « low cost » (grâce d’ailleurs au productivisme). Or, les études prouvent qu’à partir d’un certain seuil de niveau de vie, « avoir toujours plus » n’améliore plus la qualité de vie des personnes.

La chaine de télévision ARTE vous invite à découvrir plusieurs expériences internationales qui montrent qu’un monde meilleur est possible, que les citoyens, par leurs initiatives et leurs idées, peuvent changer notre société. Vous pourrez également écouter le témoignage de quatorze experts internationalement reconnus, comme Tim Jackson, Juliet Schor, Isabelle Cassiers ou Jean Gadrey. Ils nous disent pourquoi et comment il faut sortir de la course à la croissance quantitative et passer vers une croissance plus qualitative. « Sacrée Croissance ! », un documentaire réalisé par Marie-Monique Robin et produit par M2r Films.

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